Accéder au contenu principal

1er octobre - Journée internationale des personnes âgées : et si bien vieillir commençait par écouter son corps ?

À l’occasion de la Journée internationale des personnes âgées du 1er octobre 2026, l’Institut Neurosens a choisi de participer à cette journée de sensibilisation en proposant à sa communauté un regard différent sur le vieillissement.

Pourquoi nous saisir de cette journée ?

Parce que les questions qui traversent le vieillissement rejoignent profondément celles qui nous occupent chaque jour : comment un organisme s’adapte-t-il au fil de sa trajectoire ? Comment préserver sa capacité à bouger, récupérer, apprendre et rester autonome ? Et comment les professionnels peuvent-ils observer ces transformations sans réduire une personne à son âge, à un symptôme ou à une mesure ?

Sensibiliser au vieillissement, c’est peut-être aussi apprendre à porter un autre regard sur le vivant.

Nous vivons plus longtemps. Mais comment vieillissons-nous ?

Une ride apparaît. Quelques cheveux blanchissent. La récupération après une nuit trop courte devient parfois moins rapide.

Et puis vient cette phrase que nous avons probablement tous prononcée un jour :

« Je n’ai plus 20 ans ! »

Mais que raconte-t-elle réellement ?
Vieillir signifie-t-il forcément perdre progressivement ses capacités ?
Le cerveau ralentit-il nécessairement au même rythme que le corps ?
Un corps plus âgé est-il forcément un corps moins capable ?
Et surtout : peut-on agir sur la manière dont nous avançons en âge ?

En 2026, le thème proposé à l’occasion de la Journée internationale des personnes âgées est particulièrement évocateur :

« The Age of Longevity: Rethinking Systems for Longer Lives »
« L’ère de la longévité : repenser les systèmes pour des vies plus longues. »

La question est loin d’être anecdotique.

En France, au 1er janvier 2025, 21,8 % de la population avait 65 ans ou plus, contre 16,3 % en 2005. Les personnes de 75 ans ou plus représentaient déjà 10,7 % de la population.

Quant à l’espérance de vie, elle atteignait en 2023 85,6 ans pour les femmes et 79,9 ans pour les hommes.

Si nous gagnons des années de vie, une autre question apparaît donc :

dans quel état souhaitons-nous les vivre ?

Car bien vieillir ne consiste pas seulement à compter les années.

Il s’agit aussi de préserver, autant que possible, la capacité de :

  • bouger et maintenir son équilibre ;
  • dormir et récupérer ;
  • réfléchir, apprendre et rester curieux ;
  • ressentir et réguler ses réactions ;
  • s’adapter aux changements ;
  • et surtout, continuer à faire ce qui compte pour soi.

Pour comprendre ce qui se joue, commençons peut-être par quelque chose que nous connaissons intimement… sans toujours réellement l’écouter :

notre corps.


Le corps change. Mais change-t-il forcément pour le pire ?

Avec l’âge, le corps évolue. C’est une réalité.

La masse musculaire et la force peuvent progressivement diminuer. Les articulations peuvent perdre en mobilité. L’équilibre peut devenir plus fragile. La vitesse de réaction peut ralentir. Le sommeil se transforme. La récupération demande parfois davantage de temps.

Même notre manière de respirer peut évoluer.
Mais attention à une représentation très répandue :

vieillir ne signifie pas simplement additionner les pertes.
Le corps est un système vivant qui s’adapte en permanence.

Prenons un exemple très simple.

Une personne qui dispose de moins de force dans les jambes peut modifier sa manière de se relever d’une chaise. Elle utilisera peut-être davantage ses bras, inclinera différemment son tronc ou ralentira son mouvement.

Vu de l’extérieur, on pourrait simplement constater une diminution de performance.

Mais on peut également y voir autre chose : 
une nouvelle stratégie d’adaptation.

Il en va de même pour l’équilibre.

Lorsque certaines informations sensorielles deviennent moins précises, l’organisme peut s’appuyer davantage sur d’autres repères : la vision, les informations provenant des muscles et des articulations, les sensations plantaires…

Toutes participent à notre capacité à savoir où se trouve notre corps dans l’espace.

C’est notamment ce que l’on appelle la proprioception.

Cette capacité d’adaptation est fondamentale pour comprendre le vieillissement.

L’Organisation mondiale de la Santé ne définit d’ailleurs pas le vieillissement en bonne santé comme la simple absence de maladie. Elle s’intéresse à la capacité fonctionnelle : ce qu’une personne est effectivement capable d’être et de faire dans son quotidien, en interaction avec ses capacités physiques et mentales et son environnement.

La question n’est donc plus seulement :

« Quel âge avez-vous ? »

Elle devient :

« Que pouvez-vous faire aujourd’hui ? »

Et peut-être plus important encore :

« Qu’avez-vous envie de continuer à faire ? »


70 ans est un âge. Ce n’est pas une trajectoire.

Deux personnes de 70 ans ne sont pas simplement deux versions différentes d’un même modèle vieillissant.

L’une peut parcourir plusieurs kilomètres, travailler, voyager, jardiner ou commencer à apprendre une nouvelle langue.

Une autre peut rencontrer davantage de difficultés dans ses déplacements, son sommeil ou sa récupération.

À 85 ans, une personne peut conserver une vie sociale riche et une grande autonomie tandis qu’une autre aura besoin d’un accompagnement quotidien.

Pourquoi ?

Parce que l’âge chronologique ne raconte jamais toute l’histoire.

Chaque personne arrive à cet âge avec une trajectoire singulière faite de :

  • sommeil et récupération ;
  • activité physique et sédentarité ;
  • maladies et événements de santé ;
  • alimentation ;
  • environnement familial, professionnel et social ;
  • périodes de stress ;
  • expériences émotionnelles ;
  • apprentissages ;
  • adaptations et compensations accumulées au fil des années.

La photographie du jour ne raconte donc jamais complètement le chemin parcouru.

Cette idée est importante.

Elle nous invite à quitter progressivement une lecture uniquement fondée sur ce qui manque pour nous intéresser également à la manière dont l’organisme s’est organisé pour continuer à fonctionner.


S’adapter, oui. Mais à quel coût ?

C’est probablement l’une des questions les plus intéressantes lorsque l’on observe le vieillissement.

Une personne peut continuer à marcher, travailler, réfléchir ou participer à une conversation tout en mobilisant davantage de ressources pour parvenir au même résultat.

Autrement dit :

être encore capable de faire quelque chose ne nous dit pas toujours combien cela coûte à l’organisme pour le faire.

Une adaptation peut être efficace.
Mais elle peut aussi devenir progressivement plus coûteuse.
Une tension musculaire peut aider temporairement à stabiliser une posture.
Une respiration différente peut accompagner un effort.
Une vigilance accrue peut permettre de maintenir son attention.
Une diminution de l’activité peut protéger momentanément d’une fatigue excessive.

Aucune de ces adaptations n’est nécessairement « mauvaise » en elle-même.

La question devient plutôt :

l’organisme dispose-t-il encore de suffisamment de variabilité pour changer de stratégie lorsque la situation change ?

Peut-il s’activer lorsqu’il le faut ?
Puis revenir vers un état plus calme ?
Peut-il mobiliser ses ressources… puis récupérer ?

Cette capacité à passer d’un état à un autre est peut-être plus intéressante que la recherche d’un état idéal permanent.


Et si le cerveau « écoutait » beaucoup plus le corps qu’on ne le pense ?

Pendant longtemps, nous avons parlé du corps d’un côté et du cerveau de l’autre.
Le corps vieillissait.
Le cerveau vieillissait.
Comme s’ils suivaient deux histoires parallèles.
Nous savons aujourd’hui que cette séparation est largement artificielle.

Le cerveau reçoit continuellement des informations provenant du corps :

  • respiration ;
  • rythme cardiaque ;
  • posture et mouvement ;
  • température ;
  • tensions musculaires ;
  • sensations viscérales ;
  • état énergétique.

Même lorsque nous n’en avons pas conscience, ces informations participent à notre expérience du monde et de nous-mêmes.

Essayez simplement d’observer votre respiration pendant quelques secondes.
Elle était présente avant que vous y prêtiez attention.
Mais dès que vous commencez à l’observer, vous pouvez en percevoir le rythme, l’amplitude, peut-être une tension ou un mouvement que vous n’aviez pas remarqué quelques secondes auparavant.
Cette perception de l’état interne du corps porte notamment un nom : l’interoception.

Une revue systématique publiée en 2025, portant sur 22 études, suggère que l’interoception évolue avec l’âge, mais pas selon une simple diminution généralisée : certaines dimensions peuvent diminuer, d’autres rester relativement stables, voire évoluer différemment.

Le vieillissement ne signifie donc pas nécessairement « sentir moins ».
Il peut également transformer la manière dont nous percevons et interprétons les signaux provenant de notre organisme.
Et cela ouvre une autre perspective.
Avant de demander au cerveau de mémoriser, de se concentrer ou de résoudre un problème, peut-être faut-il aussi se demander :

dans quel état se trouve l’organisme qui doit réaliser cette tâche ?
Est-il reposé ?
En mouvement ?
Tendu ?
Essoufflé ?
Disponible ?
En état d’alerte ?


Dormir, respirer, bouger : vraiment si simple ?

Ces fonctions semblent tellement ordinaires que nous pourrions presque les oublier.
Nous respirons sans y penser.
Nous marchons sans analyser chacun de nos pas.
Nous dormons sans réfléchir en permanence à l’architecture de notre sommeil.
Et pourtant, ces fonctions participent profondément à notre disponibilité.
Une mauvaise nuit peut laisser des traces sur l’attention et la vigilance.
Une diminution progressive de l’activité physique peut contribuer à une baisse de la force et de l’équilibre.
Une fatigue persistante peut diminuer l’envie de bouger.
Et moins nous bougeons, plus certaines capacités peuvent devenir difficiles à maintenir.
Mais le cercle peut aussi fonctionner dans l’autre sens.
Bouger sollicite les muscles, l’équilibre, la coordination, la perception et le cerveau.
Marcher, changer de direction, monter un escalier, chercher son équilibre ou attraper un objet ne sont donc jamais uniquement des tâches musculaires.
L’organisme doit percevoir, anticiper, coordonner, ajuster et apprendre.
Le mouvement est une activité du corps entier — cerveau compris.


Tonus, respiration, sommeil, cognition, émotions : et si nous arrêtions de les séparer ?

C’est ici que le regard peut encore s’élargir.

Avec l’âge :

  • le tonus postural peut se modifier ;
  • la respiration peut évoluer ;
  • le sommeil et la récupération peuvent changer ;
  • certaines fonctions cognitives peuvent demander davantage de temps ;
  • la régulation émotionnelle et autonome continue elle aussi à interagir avec l’état de l’organisme.

Nous pourrions étudier chacune de ces dimensions séparément.
Mais dans la vie quotidienne, elles ne fonctionnent jamais séparément.
Une mauvaise nuit peut modifier le tonus, la vigilance et la respiration.
Une difficulté respiratoire peut perturber le sommeil et la récupération.
Une posture coûteuse peut influencer le mouvement et l’effort.
Un état d’alerte prolongé peut modifier simultanément respiration, tensions musculaires, activité autonome et disponibilité attentionnelle.

Chez Neurosens, cette observation conduit à une question simple :

plutôt que de rechercher immédiatement quelle fonction est « défaillante », que pouvons-nous comprendre de la manière dont ces différentes dimensions interagissent ?

C’est aussi l’un des regards que nous cherchons à transmettre aux professionnels formés à l’Institut Neurosens : observer avant de vouloir modifier, croiser les informations avant de conclure et conserver suffisamment de doute pour laisser apparaître plusieurs hypothèses.

Car former au discernement clinique, ce n’est pas apprendre à avoir raison plus vite.
C’est parfois apprendre à regarder plus largement.


Le corps sait-il revenir au calme ?

Imaginez une situation stressante.
Le cœur accélère.
La respiration change.
Les muscles se contractent.
L’organisme se prépare à répondre.
Puis la situation se termine.

Que se passe-t-il ensuite ?
Le système revient-il facilement vers un état plus calme ?
Ou certaines manifestations persistent-elles ?

Notre organisme n’est pas fait pour rester figé dans un seul état. Il doit pouvoir modifier son niveau d’activation en fonction de ce qui se passe.

Cette dynamique peut notamment être approchée à travers certains paramètres physiologiques.

La variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) mesure les variations des intervalles entre les battements du cœur. Elle est étudiée dans de nombreux travaux portant sur la régulation autonome.

Une revue systématique publiée en 2024 portant sur 12 études longitudinales et plus de 24 000 participants rapporte notamment des associations entre certains paramètres de VFC et différentes dimensions cognitives, dont les fonctions exécutives.

Mais la prudence reste essentielle.
Une VFC n’est pas « bonne » ou « mauvaise » à elle seule.

Elle dépend notamment :

  • de l’âge ;
  • de l’état de santé ;
  • des médicaments ;
  • de l’activité ;
  • du sommeil ;
  • du contexte dans lequel elle est enregistrée.

Un chiffre ne raconte jamais toute l’histoire.

C’est précisément pour cela que les données physiologiques deviennent intéressantes lorsqu’elles sont replacées dans une observation beaucoup plus large de la personne.


Le biofeedback : rendre perceptible ce qui ne l’était pas encore

C’est ici que le biofeedback peut prendre tout son sens.

Son principe est relativement simple : un capteur recueille une information physiologique et la restitue à la personne de manière perceptible.

Selon ce que l’on cherche à observer, différents paramètres peuvent être utilisés :

  • le BVP, pour observer certaines variations du pouls ;
  • la VFC, pour étudier les variations entre les battements cardiaques ;
  • la respiration, pour observer rythme, amplitude et coordination des mouvements respiratoires ;
  • l’EDA, ou conductance cutanée, sensible à certaines variations de l’activation autonome ;
  • la température périphérique ;
  • le sEMG, permettant d’observer l’activité électrique de certains muscles.

Mais le capteur ne sait pas ce que devrait devenir la personne.
Il ne pose pas de diagnostic.
Et une courbe ne raconte jamais, à elle seule, son fonctionnement.
Le biofeedback peut simplement rendre perceptible quelque chose qui ne l’était pas encore.
Une personne découvre que sa respiration se raccourcit lorsqu’elle se concentre.
Une autre observe que sa mâchoire reste contractée alors qu’elle pensait être détendue.
Une autre encore voit son activation augmenter puis découvre ce qui se passe lorsqu’elle modifie sa respiration, sa posture ou son attention.

La mesure devient alors un support d’apprentissage.

La personne observe.
Elle expérimente.
Elle ressent.
Elle compare.
Et progressivement, elle peut apprendre à reconnaître certaines modifications sans avoir besoin de regarder l’écran.

C’est peut-être là que réside l’un des intérêts essentiels du biofeedback :

non pas apprendre à dépendre de la mesure, mais apprendre progressivement à pouvoir s’en passer.


Et le cerveau dans tout cela ?

L’activité électrique cérébrale peut également être observée grâce à l’électroencéphalographie.

L’EEG quantitatif (EEGq) permet d’examiner certains paramètres issus de cette activité.

Dans le neurofeedback, certains signaux issus de l’activité EEG peuvent être transformés en informations perceptibles — visuelles ou auditives, par exemple — et devenir le support d’un processus d’apprentissage.

L’objectif n’est pas de « corriger un cerveau ».
Il n’est pas davantage de demander à un cerveau de 80 ans de fonctionner comme celui d’une personne de 20 ans.

Pourquoi le ferait-on ?

Il s’agit plutôt de comprendre comment cette personne fonctionne aujourd’hui, quelles ressources elle possède, quelles difficultés elle rencontre et comment certaines capacités peuvent éventuellement être soutenues.

Une méta-analyse publiée en 2024 regroupant 14 essais cliniques et 284 personnes âgées, en bonne santé ou présentant un trouble cognitif léger, a rapporté des améliorations de certaines performances de mémoire de travail et de mémoire épisodique après des entraînements de neurofeedback EEGq.

Ces résultats sont intéressants, mais doivent rester interprétés avec prudence : les études sont encore relativement peu nombreuses, les protocoles diffèrent et les populations étudiées ne sont pas homogènes.

Ils ne permettent donc certainement pas d’affirmer que le neurofeedback « empêche » le vieillissement cérébral ou traite les maladies neurodégénératives.

Ils nous rappellent néanmoins quelque chose d’essentiel :

un cerveau vieillissant reste un cerveau capable d’apprentissage et d’adaptation.


Pourquoi regarder le cerveau ET le corps ?

Peut-être faudrait-il même poser la question autrement.

Pourquoi continuer à les séparer ?

Un EEGq apporte certaines informations sur l’activité cérébrale.
Le biofeedback rend perceptibles certains paramètres physiologiques.
La posture nous renseigne sur l’organisation corporelle.
La respiration apporte d’autres informations.
Le sommeil, l’attention, les émotions, le mouvement et la proprioception complètent encore cette observation.

Dans une approche de neurothérapie intégrative, l’intérêt n’est donc pas d’accumuler des mesures.

Il est de croiser des informations sans confondre chacune d’elles avec la personne elle-même.
La mesure n’est pas le territoire.
Elle peut seulement nous aider à en dessiner quelques contours.
Et parfois, lorsque plusieurs informations semblent contradictoires, cette discordance n’est pas un problème à éliminer.

Elle peut devenir une information clinique en elle-même.


Ne pas seulement rechercher ce qui manque

Certaines fonctions cognitives peuvent ralentir avec l’âge.
La vitesse de traitement peut diminuer.
Certaines formes de mémoire peuvent devenir moins efficaces.
Une tâche complexe peut demander davantage de temps ou d’effort.

Mais ralentir n’est pas la même chose que ne plus pouvoir apprendre.

Le cerveau conserve une capacité de plasticité.
Le corps aussi continue de s’adapter.

Apprendre une nouvelle compétence, pratiquer une activité physique, maintenir des relations sociales, découvrir un instrument, danser, jardiner ou simplement changer certaines habitudes constituent autant d’expériences auxquelles l’organisme continue de répondre.

Cette différence de regard est importante.
On ne cherche plus seulement ce qui manque.

On cherche également :

  • ce qui est encore disponible ;
  • ce qui s’est adapté ;
  • ce qui est devenu plus coûteux ;
  • ce qui peut être soutenu ;
  • et parfois, ce qui peut encore s’apprendre.

Bien vieillir : continuer à habiter son corps

Il y a une chose que ni le biofeedback, ni le neurofeedback, ni l’activité physique, ni aucune autre méthode ne pourra faire :

arrêter le vieillissement.

Et ce n’est probablement pas la bonne question.

La question pourrait plutôt devenir :

Comment accompagner les transformations du corps ?
Comment préserver le mouvement ?
Comment soutenir le sommeil et la récupération ?
Comment continuer à solliciter le cerveau ?
Comment mieux percevoir les réactions de son organisme ?
Comment conserver suffisamment d’autonomie pour continuer à choisir sa manière de vivre ?

Certaines situations nécessitent évidemment une évaluation, un diagnostic ou une prise en charge médicale. Le biofeedback, le neurofeedback ou toute autre pratique d’accompagnement ne s’y substituent pas.

Mais entre la maladie et l’idéal impossible d’une jeunesse permanente existe toute une réalité :

celle d’un organisme vivant qui se transforme et cherche continuellement à s’adapter.

Peut-être que bien vieillir ne consiste donc pas à lutter contre le temps.
Ni à conserver coûte que coûte le fonctionnement que nous avions à 30 ou 40 ans.

Il s’agit peut-être davantage d’apprendre à reconnaître comment notre organisme se transforme, s’adapte et réorganise ses ressources au fil de notre trajectoire.

Certaines capacités diminuent.
D’autres se transforment.
Certaines stratégies deviennent plus coûteuses.
Et d’autres peuvent encore s’apprendre.

C’est là que l’observation prend tout son sens.
Observer le mouvement. La respiration. Le sommeil. Le tonus. La récupération. Les réactions émotionnelles. L’attention.
Et, lorsque cela peut être utile, rendre certaines de ces informations perceptibles grâce à la mesure.
Non pour réduire la personne à des chiffres.
Mais pour l’aider à mieux comprendre ce qui se passe.
Car une mesure n’est jamais la personne.

Un âge non plus.
À 70, 80 ou 90 ans, nous restons le résultat provisoire d’une trajectoire qui continue de s’écrire.

Alors peut-être que, pour cette Journée internationale des personnes âgées, la véritable question n’est pas :

« Comment rester jeune ? »

Mais plutôt :

« Comment continuer à s’adapter, à apprendre et à habiter pleinement le corps que l’on a aujourd’hui ? »

Parce que bien vieillir ne signifie probablement pas conserver éternellement le corps de ses 30 ans.

Cela peut simplement vouloir dire continuer à habiter son corps, à comprendre son fonctionnement, à entretenir ses possibilités et à rester curieux de ce qu’il peut encore faire.

Et si c’était aussi cela, vieillir en restant vivant ?


Références scientifiques

  • Organisation mondiale de la Santé (2026). Ageing – Healthy ageing.
  • Organisation mondiale de la Santé (2026). WHO webinar on the UN International Day of Older Persons 2026: The Age of Longevity: Rethinking Systems for Longer Lives.
  • Nations unies (2025-2026). International Day of Older Persons.
  • INSEE (2025). Bilan démographique 2024.
  • Pfeifer, G., & Cawkwell, S. (2025). Interoceptive ageing and the impact on psychophysiological processes: A systematic review. International Journal of Psychophysiology, 207, 112483.
  • Nicolini, P., Malfatto, G., & Lucchi, T. (2024). Heart Rate Variability and Cognition: A Narrative Systematic Review of Longitudinal Studies. Journal of Clinical Medicine, 13(1), 280.
  • Rocha, A. S. L. et al. (2024). Reference values for heart rate variability in older adults: A systematic review. Psychophysiology, 61(12), e14661.
  • Lin, Y.-R. et al. (2024). Effectiveness of Electroencephalography Neurofeedback for Improving Working Memory and Episodic Memory in the Elderly: A Meta-Analysis. Medicina, 60(3).
  • Effects of Heart Rate Variability Biofeedback on Working Memory: A Systematic Review (2026). International Journal of Psychophysiology.
  • Chen, H. et al. (2025). The relationship between heart rate variability and frailty in older adults: Systematic review and three-level meta-analysis. Archives of Gerontology and Geriatrics, 139, 105991.
  • Association Between Accelerometer-Assessed Physical Activity and Cognitive Function in Older Adults (2025). American Journal of Geriatric Psychiatry, 33(5), 575–582.
  • Lehrer, P. et al. (2023). Methods for Heart Rate Variability Biofeedback (HRVB): A Systematic Review and Guidelines. Applied Psychophysiology and Biofeedback.
Partager