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21 septembre - Maladie d’Alzheimer : protéger son cerveau bien avant les premiers symptômes

Chaque année, la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer se déroule le 21 septembre. On parle beaucoup de mémoire à cette occasion, des premiers oublis, du diagnostic ou encore de l’accompagnement des personnes touchées.

Mais si on élargissait un peu notre regard ?

La santé du cerveau ne commence pas à l’âge où apparaissent les premiers troubles de mémoire. Elle se construit progressivement, au fil de la vie, avec tout ce qui influence notre organisme : notre développement, notre sommeil, notre activité physique, notre alimentation, nos apprentissages, nos relations, notre santé cardiovasculaire, mais aussi notre façon de respirer, de nous tenir et de nous adapter aux situations.

C’est cette continuité qui nous intéresse ici.

Non pas pour prétendre que l’on pourrait empêcher la maladie d’Alzheimer, mais pour mieux comprendre comment notre fonctionnement évolue au cours de la vie et sur quels éléments on peut réellement agir.

Le cerveau d’un enfant ne fonctionne pas encore comme celui d’un adulte

Pour comprendre cette évolution, on peut revenir très simplement au début de la vie.

Un bébé ne naît pas avec l’organisation posturale et motrice qu’il aura quelques années plus tard. Il va progressivement découvrir son corps, lutter contre la gravité, apprendre à stabiliser sa tête, se retourner, s’asseoir, se mettre debout, marcher, courir.

Chaque étape demande de nouvelles adaptations.

La gravité est là en permanence. Le corps doit apprendre à s’organiser autour d’elle.

Le tonus musculaire évolue. La posture se transforme. La respiration accompagne ces changements. Les informations sensorielles deviennent de plus en plus nombreuses. Le cerveau reçoit, compare, ajuste et recommence.

On pourrait presque voir le développement comme une succession de petits problèmes que l’organisme apprend à résoudre.

  • Comment tenir sa tête ?
  • Comment garder son équilibre ?
  • Comment attraper un objet ?
  • Comment se déplacer ?
  • Comment rester stable tout en bougeant ?

Puis viennent le langage, les apprentissages scolaires, les relations sociales, la gestion des émotions et la capacité à maintenir son attention.

Tout cela ne se construit pas séparément.

Le corps et le cerveau apprennent ensemble.

Au fil des années, chacun construit son propre équilibre

En grandissant, on développe des habitudes.

On ne se tient pas tous de la même façon. On ne respire pas tous de la même manière. On ne réagit pas tous au stress avec la même intensité. Certains dorment facilement, d’autres beaucoup moins. Certains ont toujours besoin de bouger, d’autres passent de longues heures assis.

Notre histoire laisse progressivement une empreinte sur notre manière de fonctionner.

Une personne qui a longtemps pratiqué une activité physique va développer certaines adaptations. Une autre qui a passé beaucoup de temps devant un écran peut avoir une organisation corporelle différente. Une personne qui vit régulièrement des périodes de stress peut rester plus facilement en tension.

Cela ne signifie pas qu’une posture ou une façon de respirer déterminerait notre santé future.

Cela signifie simplement que le corps apprend et s’adapte en permanence.

Et cette adaptation continue bien après l’enfance.

Un territoire plus ou moins favorable

On peut alors imaginer notre organisme comme un territoire.

Certains territoires sont plus faciles à habiter que d’autres.

Lorsque le sommeil est suffisamment récupérateur, que la respiration est confortable, que le tonus permet de se tenir sans effort excessif, que l’activité physique est régulière et que le système nerveux sait alterner mobilisation et récupération, les conditions peuvent être plus favorables pour apprendre, réfléchir, bouger et récupérer.

À l’inverse, lorsque plusieurs difficultés s’installent en même temps : sommeil très perturbé, sédentarité, stress chronique, respiration inconfortable, tensions corporelles, isolement, problèmes métaboliques ou cardiovasculaires… le terrain général peut devenir moins favorable.

Cela ne veut pas dire que l’un de ces éléments provoque directement une maladie neurodégénérative. Mais les recherches sur la prévention des démences montrent bien que plusieurs facteurs modifiables peuvent intervenir à différents moments de la vie.

Le rapport 2024 de la Lancet Commission en identifie quatorze, de l’éducation et de l’audition jusqu’à l’hypertension, l’inactivité physique, le diabète, l’isolement social, le cholestérol LDL ou encore la perte visuelle non traitée.

On retrouve donc une idée intéressante : la santé cognitive se prépare bien avant le vieillissement.

La maladie d’Alzheimer n’apparaît pas du jour au lendemain

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurocognitive complexe.

Elle entraîne progressivement des modifications du fonctionnement cérébral, notamment dans les régions impliquées dans la mémoire et d’autres fonctions cognitives.

Les premiers symptômes peuvent concerner :

  • la mémoire récente,
  • l’orientation,
  • le langage,
  • l’attention ou
  • certaines fonctions exécutives.

Avec l’évolution de la maladie, l’autonomie peut progressivement être affectée.

Au niveau biologique, plusieurs mécanismes sont impliqués, notamment l’accumulation de protéines bêta-amyloïde et tau et des modifications progressives des réseaux neuronaux.

Mais la maladie ne se résume pas à ces mécanismes.

L’âge reste le principal facteur de risque, mais il n’explique pas tout.

C’est justement ce qui rend la prévention intéressante.

Une histoire qui commence bien avant les premiers oublis

Aujourd’hui, on sait que certaines modifications associées à la maladie peuvent commencer plusieurs années avant que les difficultés cognitives deviennent évidentes.

Une personne peut donc sembler aller parfaitement bien dans sa vie quotidienne alors que certains processus biologiques ont déjà commencé.

Cela explique pourquoi la recherche s’intéresse autant aux marqueurs précoces.

Mais cela donne aussi une autre dimension à la prévention.

Si le cerveau évolue tout au long de la vie, alors les conditions dans lesquelles il fonctionne évoluent elles aussi.

On ne peut évidemment pas revenir en arrière et tout modifier.

En revanche, on peut se demander, à chaque période de la vie : dans quel environnement physiologique mon cerveau doit-il fonctionner ?

Le sommeil : quand le cerveau récupère

Le sommeil est l’un des premiers éléments à regarder.

Pendant la nuit, le cerveau continue de fonctionner. Son activité change, certaines fonctions sont davantage sollicitées et différents processus de récupération se mettent en place.

Les recherches s’intéressent notamment aux mécanismes qui participent à l’élimination de certains déchets métaboliques produits par l’activité cérébrale.

Des travaux récents renforcent également l’intérêt porté aux liens entre sommeil, circulation des fluides cérébraux et protéines impliquées dans la maladie d’Alzheimer.

Mais il faut rester prudent : un mauvais sommeil ne signifie pas qu’une personne développera la maladie d’Alzheimer.

La relation semble plutôt bidirectionnelle : les troubles du sommeil peuvent être associés à certains mécanismes impliqués dans le vieillissement cérébral, tandis que les modifications cérébrales peuvent elles-mêmes perturber le sommeil.

Les troubles respiratoires nocturnes sont également très étudiés. Plusieurs méta-analyses récentes retrouvent une association entre apnée obstructive du sommeil et risque accru de démence ou de maladie d’Alzheimer.

Cela donne une bonne raison de ne pas banaliser des ronflements importants, des pauses respiratoires nocturnes, des réveils fréquents ou une fatigue persistante au réveil. Ces signes méritent d’être évoqués avec un professionnel de santé, seul habilité à poser un diagnostic et à orienter vers les examens appropriés.

Parfois, améliorer la santé cérébrale commence simplement par mieux comprendre ce qui se passe pendant la nuit.

Respirer : une fonction automatique qui reste en lien avec tout le corps

La respiration est particulièrement intéressante parce qu’elle accompagne toute notre vie.

On respire sans y penser, mais notre respiration change constamment.

Elle n’est pas la même lorsque nous dormons, lorsque nous marchons, lorsque nous faisons du sport, lorsque nous parlons ou lorsque nous avons peur.

Elle est également liée à la posture et au tonus.

Pour respirer, nous mobilisons le diaphragme et différents groupes musculaires. Pour nous tenir debout, nous devons organiser notre tonus. Pour bouger, nous devons ajuster cette organisation en permanence.

Le corps ne règle donc pas chaque fonction dans son coin : il coordonne.

C’est cette coordination qui nous intéresse particulièrement dans la réflexion autour du Système Tonico-Ventilatoire.

Le Système Tonico-Ventilatoire : une manière de comprendre les liens entre le corps et le cerveau

Le Système Tonico-Ventilatoire, ou STV, s’intéresse aux relations entre le tonus, la posture et la ventilation.

L’idée est assez simple : notre manière de respirer et notre manière de nous organiser corporellement ne sont pas deux phénomènes complètement indépendants.

On peut le constater dans des situations très ordinaires.

  • Quand on est surpris, le corps se prépare.
  • Quand on a peur, le tonus change et la respiration peut s’accélérer.
  • Quand on se détend profondément, les épaules peuvent redescendre, les muscles se relâcher et la respiration devenir plus régulière.
  • Quand on doit rester très concentré longtemps, on peut aussi se rigidifier sans même s’en rendre compte.

Le corps s’adapte donc en permanence à ce qu’il vit.
Le STV propose de regarder une partie de ces adaptations ensemble.

Il ne s’agit pas d’un modèle permettant d’expliquer à lui seul la complexité du fonctionnement humain, encore moins la maladie d’Alzheimer. C’est plutôt une façon de se poser de meilleures questions.

  • Comment le tonus participe-t-il à la stabilité ?
  • Comment la respiration accompagne-t-elle cette organisation ?
  • Que se passe-t-il lorsque le sommeil devient moins récupérateur ?
  • Comment les émotions modifient-elles le fonctionnement corporel ?
  • Et lorsque toutes ces dimensions évoluent ensemble, qu’est-ce que cela change pour l’attention et les capacités cognitives ?

Le développement ne consiste donc pas uniquement à « faire grandir le cerveau ».

Le cerveau apprend à travers le corps, les mouvements, les sensations, les interactions et les expériences.

Cette organisation continue ensuite à évoluer à l’adolescence et à l’âge adulte.

Puis, avec le vieillissement, certaines capacités peuvent progressivement diminuer. Le tonus change. La mobilité peut devenir plus limitée. Le sommeil peut se modifier. Les sens peuvent perdre en précision. Les stratégies cognitives peuvent évoluer.

Prendre soin du cerveau, c’est donc aussi prendre soin du terrain sur lequel il évolue.

Parmi les éléments qui façonnent ce terrain, l’activité physique est l’un des facteurs les mieux étudiés dans la prévention du déclin cognitif. Bouger régulièrement permet de soutenir la santé cardiovasculaire, le métabolisme, l’équilibre, la mobilité et le bien-être psychologique.

Nourrir la réserve cognitive

Notre cerveau ne reste pas figé : il apprend, s’adapte, crée de nouvelles stratégies et peut parfois trouver d’autres chemins lorsqu’une difficulté apparaît.

C’est ce que l’on appelle notamment la réserve cognitive.

Elle se construit au fil de la vie grâce :

  • aux apprentissages,
  • à l’éducation,
  • aux activités professionnelles,
  • aux expériences,
  • aux relations sociales,
  • à la stimulation intellectuelle.

Apprendre une langue, jouer de la musique, bricoler, cuisiner quelque chose de nouveau, voyager, lire, résoudre un problème ou discuter avec quelqu’un qui ne pense pas comme nous peuvent mobiliser des capacités différentes.

On n’a pas besoin de transformer son quotidien au programme d’entraînement cérébral. Il suffit parfois de continuer à découvrir.

Le cœur et le cerveau : une histoire commune

Le cerveau dépend aussi de la qualité de la circulation sanguine.

Hypertension, diabète, cholestérol élevé, tabagisme, sédentarité ou obésité peuvent avoir des conséquences sur la santé cardiovasculaire et cérébrale.

La prévention de la démence rejoint donc en partie la prévention cardiovasculaire.

Cela peut sembler très éloigné de la mémoire, mais le lien est finalement assez logique : un cerveau qui fonctionne correctement a besoin d’un système vasculaire capable de lui apporter ce dont il a besoin.

Prendre soin de sa tension artérielle, bouger, surveiller son métabolisme et consulter lorsque cela est nécessaire participe donc aussi à la protection de la santé cérébrale.

Les émotions font aussi partie du territoire

On pourrait facilement oublier cette dimension.

Pourtant, nous ne réfléchissons jamais dans un vide émotionnel.

Une période de stress prolongé peut modifier le sommeil, augmenter certaines tensions corporelles, perturber la respiration et rendre l’attention plus difficile.

À l’inverse, un environnement sécurisant, des relations sociales satisfaisantes et la possibilité de récupérer peuvent favoriser un fonctionnement plus stable.

Cela ne signifie pas que le stress ou les émotions provoquent directement Alzheimer. Mais cela rappelle que la santé cérébrale ne peut pas être réduite à une question de neurones.

On vit dans un corps, avec des émotions, des habitudes, un environnement et une histoire.

Observer plutôt que supposer

C’est à partir de cette vision globale que les méthodes utilisées en Neurothérapie Intégrative peuvent trouver leur place.

On ne commence pas par une machine : on commence par une personne.

Puis on cherche à mieux comprendre ce qui se passe.

Le neurofeedback EEGq permet d’observer certaines caractéristiques de l’activité électrique cérébrale.

Le biofeedback permet d’observer différentes réactions physiologiques : respiration, activité musculaire, activité électrodermale, rythme cardiaque ou encore certains paramètres circulatoires.

Chaque outil apporte une information différente.

Et c’est justement ce qui les rend intéressants lorsqu’on les met en relation.

L’EEG : une autre façon d’observer le cerveau

L’électroencéphalogramme permet d’enregistrer l’activité électrique cérébrale.

L’EEG quantitatif ajoute une analyse plus détaillée du signal et permet d’étudier différentes caractéristiques de l’activité cérébrale.

Dans le cadre d’un accompagnement, ces données peuvent servir de point de départ pour observer certaines évolutions.

Le neurofeedback utilise ensuite ces informations pour proposer un apprentissage de l’autorégulation.

La personne reçoit un retour en temps réel sur certains paramètres de son activité cérébrale et peut expérimenter différentes façons de mobiliser son attention ou de retrouver davantage de stabilité.

On ne cherche pas à fabriquer un cerveau « parfait ».

Et surtout, une mesure EEG ne permet pas de diagnostiquer une maladie d’Alzheimer.

Les recherches actuelles montrent néanmoins que l’EEG pourrait apporter des informations intéressantes sur certains changements liés au vieillissement cérébral. Des travaux récents étudient notamment les ondes lentes observables pendant l’éveil comme éventuels marqueurs précoces de certaines modifications cérébrales.

Ces recherches sont prometteuses, mais elles doivent encore être confirmées avant de pouvoir être utilisées comme outils diagnostiques courants.

Le biofeedback : voir ce que le corps raconte

Le biofeedback nous ramène vers le corps.

Grâce à différents capteurs, on peut observer des paramètres que l’on ressent parfois difficilement.

  • On peut voir une respiration devenir plus rapide lors d’une situation stressante.
  • On peut observer une tension musculaire augmenter lorsqu’une personne se concentre fortement.
  • On peut constater une réaction électrodermale lorsqu’une situation émotionnelle est évoquée.
  • On peut également observer certaines variations cardiovasculaires.

    Le but est de permettre à la personne de mieux comprendre ses propres réactions.

Avec le temps, elle peut apprendre à reconnaître plus rapidement certains signes corporels et à expérimenter différentes stratégies pour retrouver un état plus confortable.

Quand plusieurs informations se répondent

Prenons un exemple.

Une personne consulte parce qu’elle se sent moins concentrée depuis plusieurs mois.

On pourrait immédiatement chercher à entraîner son attention.

Mais en échangeant avec elle, on découvre qu’elle dort mal, qu’elle reste très longtemps assise, qu’elle serre souvent les mâchoires et qu’elle a tendance à bloquer sa respiration lorsqu’elle travaille.

Les différentes informations commencent alors à raconter quelque chose.

Il ne s’agit pas de dire : « voilà la cause de vos difficultés ». On peut plutôt se demander si ces différents éléments participent à un fonctionnement moins confortable et voir lesquels peuvent être travaillés.

C’est toute la différence entre chercher une explication unique et essayer de comprendre un fonctionnement.

Le territoire change tout au long de la vie

C’est probablement l’un des points les plus intéressants de cette approche.

Le territoire physiologique n’est jamais définitivement acquis.

Il évolue.

Un enfant apprend à organiser son corps face à la gravité.
Un adolescent traverse de nombreux changements.
L’adulte s’adapte à son travail, à ses responsabilités, au stress, aux habitudes de vie.
Puis le vieillissement modifie progressivement la mobilité, les rythmes de sommeil, les capacités sensorielles et certaines fonctions cognitives.

À chaque période, le corps doit retrouver de nouveaux équilibres.

On ne peut donc pas penser la santé cérébrale uniquement à partir de l’âge.

Il faut aussi regarder l’histoire du fonctionnement.

Et lorsqu’on avance en âge ?

Le vieillissement normal s’accompagne de certaines modifications cognitives, mais elles ne doivent pas être confondues avec une maladie neurodégénérative.

L’objectif est de préserver aussi longtemps que possible les capacités qui participent à l’autonomie et à la qualité de vie.

Continuer à bouger.
Préserver les relations sociales.
Entretenir la curiosité.
Prendre soin du sommeil.
Surveiller la santé cardiovasculaire.
Corriger une perte auditive ou visuelle.
Rester attentif aux changements inhabituels.
Et consulter lorsqu’une difficulté cognitive devient persistante ou commence à gêner la vie quotidienne.

Comme le souligne la Lancet Commission, les possibilités d’agir sur les facteurs de risque existent à différents moments de la vie :

« il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour agir ».

Cette phrase résume assez bien l’idée.

Une place complémentaire pour la neurothérapie intégrative

Dans ce contexte, la neurothérapie intégrative ne se présente pas comme un traitement de la maladie d’Alzheimer.

Elle ne remplace pas le diagnostic médical, le suivi neurologique, les traitements ou les prises en charge cognitives.

Son intérêt se situe ailleurs.

Elle peut contribuer à mieux observer certains paramètres du fonctionnement de la personne et, selon les besoins, travailler sur des dimensions comme :

  • l’attention,
  • la régulation,
  • la respiration,
  • la détente,
  • la perception corporelle ou
  • la qualité du sommeil.

Chez une personne qui présente déjà une maladie neurocognitive, l’objectif doit rester réaliste et complémentaire.

Chez les proches et les aidants, cette approche peut également avoir un intérêt pour les mêmes raisons : lorsqu’on accompagne quelqu’un au quotidien, il devient parfois difficile de trouver soi-même des espaces de récupération.

Une autre manière de regarder le cerveau

Finalement, parler de prévention d’Alzheimer revient aussi à parler de la vie elle-même.

Le cerveau d’un enfant se construit dans le mouvement, la découverte et l’expérience.
L’adulte continue à apprendre et à s’adapter.
Puis, avec l’âge, certaines capacités évoluent et demandent parfois davantage d’attention.

À toutes ces étapes, le corps reste présent.

Il respire.

Il se tient.

Il bouge.

Il dort.

Il ressent.

Il s’adapte.

Et le cerveau travaille avec lui.

C’est dans cette continuité que le Système Tonico-Ventilatoire peut trouver sa place comme cadre de réflexion : non pas pour expliquer toute la complexité de l’être humain, mais pour nous rappeler que la posture, le tonus et la respiration participent à une organisation beaucoup plus large.

Les outils de mesure viennent ensuite compléter cette observation.

L’EEG nous donne des informations sur l’activité cérébrale.

Le biofeedback permet d’observer certaines réponses du corps.

Les mesures respiratoires renseignent sur la ventilation.

Le sEMG permet de suivre l’activité musculaire.

L’EDA donne des indications sur certaines variations physiologiques liées à l’activation du système nerveux autonome.

Ces données ne prennent leur sens qu’en tenant compte de la personne qui se trouve derrière les chiffres.

Son histoire.

Ses habitudes.

Son sommeil.

Ses émotions.

Ses sensations.

Ses capacités.

Ses difficultés.

Et ses ressources.

C’est peut-être finalement cela, regarder le cerveau autrement : ne pas l’isoler du reste de l’organisme, mais essayer de comprendre comment il évolue au sein d’un corps vivant qui, depuis les premiers mois de la vie jusqu’au grand âge, n’a jamais cessé de s’adapter.

Pour conclure

La Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer nous rappelle chaque année l’importance de la recherche et de l’accompagnement.

Mais elle peut aussi nous inviter à regarder plus loin que la maladie elle-même.

La santé cérébrale se construit dans le temps.

Elle dépend de facteurs biologiques, mais aussi de notre environnement, de notre sommeil, de notre activité, de nos apprentissages, de nos relations et de notre capacité à récupérer.

On ne peut pas tout contrôler.

Mais on peut apprendre à mieux connaître son fonctionnement et à prendre soin du terrain sur lequel notre cerveau évolue.

Et cela, finalement, peut commencer à n’importe quel âge !


Bibliographie

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