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24 janvier 2026 - Journée internationale de l’éducation

Éducation : repenser l’apprentissage à la lumière du vivant

Chaque mois de janvier, la Journée internationale de l’éducation vient bousculer nos certitudes. Aujourd’hui, le 24 janvier 2026, elle force à regarder au-delà des discours et des chiffres rassurants.

Oui, des avancées ont eu lieu. Mais, sur le terrain, des millions d’enfants et de jeunes restent encore exclus d’un accès réel à une éducation capable de soutenir leur développement, leur santé et leur avenir.

Qu’entend-on par « éduquer » ?

L’éducation ne se limite pas à apprendre à lire, écrire ou compter. Elle façonne des individus capables de comprendre le monde, de prendre des décisions, de tisser des liens et d’agir. 

Selon l’UNESCO, elle constitue un droit humain fondamental et un levier pour transformer la société. Cette journée nous permet de réfléchir sur ce que nous transmettons réellement aux enfants et aux jeunes et sur la manière dont nous les préparons à la vie.

Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes :

→ Environ 250 millions d’enfants et jeunes ne sont toujours pas scolarisés.
→ Près de 763 millions d’adultes ne maîtrisent pas la lecture ou l’écriture.
→ Plus de la moitié de la population mondiale a moins de 30 ans. Ils représentent une force immense, si seulement ils avaient les outils pour la mobiliser.
→ Ces chiffres rappellent que l’accès à l’école n’est qu’une première étape. Il nous reste à donner aux jeunes les moyens d’apprendre pleinement, avec leur corps et leur esprit réunis.

Le corps au cœur de l’apprentissage

On continue souvent à enseigner comme si le cerveau fonctionnait tout seul, comme si l’élève n’était qu’une tête sur une chaise ! 

Mais le cerveau apprend toujours à travers le corps.

→ l’attention
→ la concentration
→ la mémoire
→ la motivation…

Tout émerge des interactions avec notre posture, notre respiration, notre sommeil et nos rythmes biologiques.

Aristote disait :

« Le corps est le premier instrument de l’esprit. »

La neurothérapie intégrative l’a bien compris. Elle place le corps au centre de l’apprentissage et insiste sur le lien entre tonus musculaire, respiration et vigilance. 

L’un de ses concepts clés, le système tonico-ventilatoire (STV), décrit comment posture et respiration agissent pour préparer l’état interne nécessaire à l’apprentissage.

Le système tonico-ventilatoire

Le STV relie le tonus postural et la respiration. Il prépare le corps et le cerveau à rester attentifs et disponibles.

→ Un tonus trop faible ou trop tendu fatigue l’attention. 
→ Une respiration rapide ou irrégulière déclenche l’agitation et le stress. 
→ À l’inverse, une posture alignée et une respiration ample stabilisent le système nerveux et favorisent la concentration.

 Le STV agit comme un pont entre le corps et le cerveau. Chaque cycle respiratoire module le tonus musculaire, influence la vigilance et régule les circuits émotionnels. Avant même d’apprendre, le corps doit signaler au cerveau qu’il est prêt à recevoir et traiter l’information.

À l’Institut Neurosens on aime bien cette citation de Bessel van der Kolk :

« On ne peut enseigner efficacement que si l’on apprend à écouter le corps autant que la tête. » 

- Bessel van der Kolk 

Posture, respiration et cognition

Une posture affaissée n’est pas anodine.

Elle traduit :

→ de la fatigue
→ du stress
→ du désengagement. 

À l’inverse, une posture stable et dynamique : 

→ active la vigilance
→ prépare le cerveau à recevoir l’information
→ aide à comprendre et mémoriser. 

La respiration joue le même rôle.

→ Lente, régulière, elle calme le système nerveux et permet d’être attentif.ve. 
→ Rapide et superficielle, elle nourrit l’agitation et la distraction.

La posture et la respiration forment donc une base indispensable. Sans elles, les efforts cognitifs demandent beaucoup plus d’énergie et deviennent moins efficaces.

Sommeil et apprentissage

Le sommeil n’est pas une pause. C’est un travail actif du cerveau !

Le sommeil : 

→ consolide les apprentissages,
→ trie les souvenirs, 
→ régule les émotions
→ restaure l’attention. 

Les troubles du sommeil chez les enfants et adolescents se multiplient : écrans tardifs, stress scolaire, horaires décalés.
Le résultat ? Irritabilité, fatigue, mémoire défaillante, attention instable !

Éduquer au sommeil, c’est enseigner à l’enfant à devenir acteur de sa santé cognitive, pas le réprimander ou le culpabiliser.

L’éducation du corps à l’école

Former un enfant ou un jeune ne se limite pas à enseigner des connaissances... Il est aussi nécessaire d’ apprendre à habiter son corps, à respirer, à bouger, à se réguler !

Quelques pratiques simples peuvent changer la donne :

→ Quelques minutes de respiration guidée au début du cours.
→Pauses de mouvement régulières pour relâcher les tensions.
→Exercices de conscience corporelle pour ajuster posture et tonus.
→Sensibilisation aux rythmes veille-sommeil.
→Ces gestes préparent le terrain. Ils rendent l’apprentissage plus fluide et durable.

La Neurothérapie intégrative pour entraîner le cerveau et le corps

La neurothérapie intégrative repose sur le principe que les difficultés de concentration, de mémoire ou de régulation émotionnelle reflètent souvent un déséquilibre neurophysiologique. Pour y remédier, elle utilise le biofeedback et le neurofeedback.

Le biofeedback rend conscientes certaines fonctions corporelles (respiration, fréquence cardiaque, tension musculaire) et apprend à les réguler.

Le neurofeedback mesure l’activité électrique du cerveau et guide l’apprenant pour stabiliser l’attention, réguler ses émotions et renforcer la mémoire.

Dans le cadre du TDAH, par exemple, ces techniques combinées à une régulation du tonus et de la respiration peuvent réduire l’inattention et l’hyperactivité, tout en renforçant la capacité à rester présent et concentré.

Notre livre TDAH : Les causes cachées, les solutions efficaces, illustre comment routines, respiration et mouvement peuvent soutenir l’apprentissage sans passer par la surmédicalisation.

Une éducation intégrative pour l’avenir

Penser l’éducation uniquement comme transmission de connaissances n’a plus de sens. Les enfants apprennent avec tout leur corps. Posture, respiration, sommeil et état émotionnel forment la base sur laquelle se construisent attention, mémoire et engagement.

La Journée internationale de l’éducation 2026 nous rappelle ainsi que prendre soin du corps dans l’apprentissage n’est pas accessoire. C’est le chemin pour que chaque jeune puisse développer son potentiel, rester présent et transformer ses apprentissages en savoir vivant.

Alors, apprenons un peu plus avec le corps et grandissons avec le cœur !

Et si on commençait, nous aussi, adultes, par écouter notre corps ? Oui, nous, parents, professeurs, qui les guidons au quotidien ! 

Un simple souffle, un étirement, un moment de repos sont des signaux importants pour notre cerveau. Ils nous disent : « Je suis prêt.e, je peux apprendre, je peux mémoriser ! » Offrir des gestes simples, comme :

→ une respiration profonde avant les devoirs,
→ une promenade pour relâcher la tension,
→ un rythme de sommeil régulier 

Ce n’est pas seulement veiller à leur santé, c’est leur tendre la main pour qu’ils deviennent attentifs, confiants et créatifs.

Et au fond vous le savez déjà. L’apprentissage n’est pas qu’une affaire de livres. Il se vit dans le corps, dans le cœur, dans l’énergie que nous mettons à les accompagner.

Alors, parents, enseignants, accompagnants : respirons avec eux, bougeons avec eux, rions avec eux ! Une posture stable, un souffle apaisé, un moment de pause sont des pas vers une attention plus grande, une mémoire plus vive, une curiosité plus libre.

Ensemble, nous pouvons transformer l’apprentissage en expérience vivante, joyeuse et profondément humaine ! Croyez-y : le potentiel de chaque enfant est un soleil qui attend d’être révélé, et vous tenez la lumière pour l’aider à briller !

 


Références de l’article

  1. UNESCO – Journée internationale de l’éducation : droit humain, statistiques et défis mondiaux.
    http://www.unesco.org/fr/days/education
  2. Institut Neurosens – Avant d’entraîner l’attention : régler le système tonico-ventilatoire.
    http://www.institut.neurosens.fr/blog/avant-d-entrainer-l-attention-regler-le-systeme-tonico-ventilatoire.html
  3. Institut Neurosens – Du réflexe à la régulation : penser le vivant, du geste au toucher (système tonico-ventilatoire).
    http://www.institut.neurosens.fr/blog/du-reflexe-a-la-regulation-penser-le-vivant-du-geste-au-toucher.html
  4. Institut Neurosens – Neurothérapie intégrative et sommeil : le rôle central du système tonico-ventilatoire.
    http://www.institut.neurosens.fr/blog/neurotherapie-integrative-et-sommeil-le-role-central-du-systeme-tonico-ventilatoire-chapitre-3.html
  5. Bédard, G. & Lemaire, J. – TDAH : Les causes cachées, les solutions efficaces, Éditions Midi Trente.
    http://www.editionsmiditrente.ca/livre/tdah-les-causes-cachees-les-solutions-efficaces
  6. Heck, D. H. et al. – Breathing as a fundamental rhythm of brain function, Annual Review of Neuroscience.
    http://www.annualreviews.org/doi/10.1146/annurev-neuro-090121-014424
  7. Tortora, S. et al. – Posture, sensorimotor integration and cognition, littérature neuroscientifique sur le contrôle postural.
    http://arxiv.org/abs/0802.1907
  8. Zelano, C. et al. – Nasal respiration entrains limbic oscillations and modulates cognitive function, Journal of Neuroscience.
    http://www.jneurosci.org/content/36/49/12448
  9. Livre blanc du neurofeedback – Applications cliniques et éducatives (attention, TDAH, régulation émotionnelle).
    http://neurofeedback-informations.fr/fichiers/Livre_blanc_du_Neurofeedback.pdf
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