8 octobre - Troubles DYS et santé mentale : quand le symptôme ne raconte qu’une partie de l’histoire
À l’occasion des Semaines d’Information sur la Santé Mentale, des Journées nationales des DYS et de la Journée mondiale de la santé mentale, l’Institut Neurosens souhaite proposer à sa communauté un temps de réflexion autour d’une question centrale : comment mieux comprendre une difficulté sans réduire la personne au symptôme qui la rend visible ?
Ces journées constituent une occasion précieuse de rappeler que les troubles du neurodéveloppement, les apprentissages, le sommeil, la régulation émotionnelle, le tonus, la respiration ou encore l’attention ne se vivent jamais séparément dans la réalité quotidienne d’un enfant.
Informer notre communauté, c’est donc aussi apprendre à élargir le regard, à mieux repérer les interactions entre les différentes fonctions, à questionner le coût des adaptations et des compensations, et à conserver une place au doute lorsque plusieurs lectures sont possibles.
C’est dans cet esprit que l’Institut Neurosens souhaite contribuer à cette semaine : non pour proposer une explication unique, mais pour partager une manière d’observer, de questionner et d’accompagner le vivant dans toute sa complexité.
- des Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM) qui démarrent le 8 octobre,
- des 2 Journées nationales des DYS qui se déroulent les 9 et 10 octobre et
- de la Journée mondiale de la santé mentale le 10 octobre
Une question mérite d’être posée :
Comment comprendre les troubles du neurodéveloppement sans isoler chaque difficulté du reste du fonctionnement de la personne ?
Difficultés d’apprentissage, attention, sommeil, émotions, tonus, respiration, posture… Ces fenêtres sont souvent étudiées séparément. Pourtant, elles appartiennent toutes à un même organisme et évoluent ensemble au cours du développement.
À l’Institut Neurosens, nous faisons l’hypothèse que certains troubles observés chez l’enfant peuvent être compris comme l’expression d’un système qui s’est organisé autour de contraintes, d’adaptations et de compensations successives.
Cette lecture s’inscrit en complément du diagnostic et des prises en charge spécialisées. Elle propose d’explorer un autre niveau : la manière dont l’enfant mobilise aujourd’hui ses ressources et dont son fonctionnement s’est organisé au fil de son développement, avec ses adaptations et ses compensations.
Un trouble n’apparaît jamais dans le vide
Lorsqu’un enfant présente une dyslexie, une dyspraxie, une dyscalculie, un trouble développemental du langage ou un TDAH, le diagnostic établi par les professionnels compétents constitue un repère clinique essentiel.
Il permet d’identifier les difficultés, de préciser les besoins de l’enfant et d’organiser les rééducations, les aménagements ou les accompagnements nécessaires.
L’observation du fonctionnement quotidien peut ensuite apporter un éclairage complémentaire : comment cet enfant mobilise-t-il ses ressources dans différentes situations ?
Quelles adaptations a-t-il développées au fil de son parcours, et à quel coût éventuel ?
Un enfant qui présente des difficultés attentionnelles peut aussi avoir un sommeil perturbé, une respiration particulière, un tonus élevé, une grande agitation motrice ou une difficulté à passer d’un état d’activation à un autre.
Un autre enfant présentant le même diagnostic pourra avoir un fonctionnement très différent.
C’est cette variabilité qui nous intéresse. Car derrière une même performance observable, le coût du fonctionnement peut être très différent d’un enfant à l’autre.
Si deux enfants portent le même diagnostic mais ne présentent ni les mêmes manifestations ni les mêmes stratégies d’adaptation, peut-on vraiment comprendre leur fonctionnement en regardant uniquement la fonction qui semble déficiente ?
Du symptôme au système
L’évaluation distingue nécessairement différentes fonctions afin de mieux les décrire et de guider les interventions.
On parle d’attention.
De langage.
De motricité.
De sommeil.
De comportement.
D’émotions.
Cette distinction est indispensable pour identifier les difficultés et construire des réponses adaptées. L’approche intégrative propose simplement, dans un second temps, de remettre ces observations en relation, car elles s’expriment toutes chez une même personne.
Le sommeil influence la disponibilité diurne.
La respiration accompagne en permanence l’activité posturale.
Le tonus participe à l’organisation du mouvement.
L’état émotionnel modifie l’activation générale de l’organisme.
L’attention dépend elle aussi de l’état dans lequel se trouve le système.
Ces fonctions peuvent être étudiées séparément.
Elles ne fonctionnent pourtant jamais séparément.
C’est à partir de cette observation que l’Institut Neurosens propose un cadre pour regarder le fonctionnement de la personne dans son ensemble. C’est aussi ce regard que l’Institut transmet à ses apprenants : apprendre à observer, mettre en relation les informations recueillies, repérer les variations et les adaptations, sans chercher à en tirer trop rapidement une conclusion.
Il ne s’agit pas d’expliquer les troubles DYS, mais d’observer comment, chez une même personne, le sommeil, la respiration, le tonus, la posture, l’attention et la régulation émotionnelle peuvent évoluer et interagir au quotidien.
Le développement : une succession d’adaptations
Le développement de l’enfant n’est pas linéaire.
Dès les premières étapes de la vie, le système doit progressivement organiser la respiration, le tonus, la posture, le mouvement, le sommeil, l’attention et les interactions avec son environnement.
Ces fonctions se construisent ensemble.
Une contrainte rencontrée à un moment donné peut amener l’organisme à trouver une manière de s’adapter.
Cette adaptation peut être parfaitement fonctionnelle dans un premier temps.
Le système compense.
- Il trouve une autre voie.
- Il modifie son niveau de tonus.
- Il mobilise davantage certaines ressources.
- Il développe une stratégie.
Le problème n’est donc pas nécessairement l’adaptation elle-même.
C’est parfois le coût de cette adaptation lorsqu’elle se prolonge ou devient moins souple avec le temps.
Cette manière de penser permet de regarder les manifestations du développement autrement.
L’agitation, par exemple, peut être considérée comme un comportement à faire disparaître. Mais elle peut aussi nous conduire à poser une autre question : dans certaines situations, le mouvement contribue-t-il à maintenir un niveau d’activation compatible avec la tâche ?
Cela ne signifie pas que toute agitation s’explique ainsi. Cela signifie que le comportement peut aussi être une information sur l’état du système.
Le Système Tonico-Ventilatoire comme fil conducteur
C’est dans cette perspective que s’inscrit le concept de Système Tonico-Ventilatoire (STV) développé dans l’approche de l’Institut Neurosens.
Le STV constitue ici une hypothèse physiologique organisatrice. Il n’explique pas les troubles DYS et n’a pas vocation à en rechercher une cause unique. Il offre un cadre pour interroger certaines des conditions physiologiques dans lesquelles l’enfant doit mobiliser ses ressources : les relations entre respiration, tonus et posture, et leur articulation avec les rythmes de régulation de l’organisme.
La respiration n’est pas simplement une fonction parmi d’autres : Elle accompagne chaque instant de notre vie. Elle participe à l’organisation du tonus et du mouvement et interagit avec les états de vigilance et de repos.
Lorsque la respiration devient plus coûteuse ou moins bien régulée, le système peut mettre en place des adaptations.
- Le tonus peut augmenter.
- La posture peut se modifier.
- Certaines coordinations peuvent devenir plus rigides.
- La disponibilité attentionnelle peut, dans certaines situations, être modifiée.
En somme, le système continue à fonctionner, mais dans un mode différent. C’est ce passage d’un fonctionnement souple à un fonctionnement davantage compensatoire qui intéresse particulièrement cette approche.
Une adaptation peut devenir une contrainte
Les travaux sur le syndrome d’apnées obstructives du sommeil apportent un exemple particulièrement intéressant pour comprendre cette logique.
Des recherches ont montré que le SAOS ne se limite pas aux manifestations nocturnes. Il peut être associé à des modifications de la posture, de la stabilité et de la régulation à l’éveil.
Le SAOS constitue, dans cette perspective, un exemple particulièrement parlant d’un phénomène systémique : une difficulté respiratoire survenant pendant le sommeil peut s’accompagner de manifestations observables bien au-delà de la nuit. Cet exemple ne démontre pas que les troubles DYS auraient une origine respiratoire. Il rappelle simplement qu’une fonction physiologique ne peut pas toujours être comprise indépendamment du reste du fonctionnement.
C’est ce type de continuité qui nous intéresse lorsque nous regardons les troubles du neurodéveloppement.
Non pas pour dire qu’un DYS serait provoqué par un problème respiratoire ou postural.
Mais pour poser une question différente :
Comment les différentes fonctions du système se sont-elles organisées ensemble au cours du développement ?
Chez l’enfant, le système dispose encore d’une grande plasticité
L’enfant n’est pas un adulte en miniature. Son système est en construction. Il dispose d’une grande capacité d’adaptation, mais ses mécanismes de régulation sont eux aussi en maturation.
Les contraintes peuvent alors s’exprimer différemment.
Chez l’adulte, certaines adaptations installées dans le temps peuvent se traduire par une rigidification posturale, des tensions ou des douleurs.
Chez l’enfant, elles peuvent davantage apparaître dans le comportement, l’attention, le sommeil ou la régulation émotionnelle.
C’est une hypothèse particulièrement intéressante lorsqu’on observe des enfants présentant une agitation importante ou des difficultés à maintenir leur attention.
L’agitation n’est alors plus uniquement considérée comme un comportement gênant. Elle devient aussi une information à interroger : que permet-elle à cet enfant, dans cette situation précise ?
Et si, dans certaines situations, bouger contribuait aussi à rester disponible ?
Il change de position. Il se lève. Il manipule un objet. Il cherche des stimulations… Ces comportements ne permettent pas, à eux seuls, d’en déduire le mécanisme.
Ces comportements peuvent évidemment avoir de nombreuses significations.
Mais plutôt que de chercher immédiatement à les supprimer, il peut être intéressant de se demander ce qu’ils permettent à l’enfant de faire.
Les troubles DYS : des fonctions qui ne peuvent pas être isolées
Cette réflexion concerne également les troubles spécifiques des apprentissages.
Lire, écrire, calculer ou coordonner un mouvement ne mobilise jamais une seule fonction.
Pour réaliser une tâche, l’enfant doit être suffisamment disponible, maintenir son attention, traiter les informations, organiser sa réponse et gérer l’effort demandé.
Une difficulté dans l’un de ces domaines peut modifier la manière dont les autres sont sollicités.
Un enfant qui doit fournir un effort important pour décoder un texte dispose-t-il encore de la même disponibilité pour en comprendre le sens ?
Un enfant qui doit consacrer beaucoup d’attention à son geste graphique peut-il mobiliser cette même attention pour organiser ses idées ?
Un enfant qui dort mal dispose-t-il des mêmes ressources pour apprendre le lendemain ?
La question n’est pas de transformer ces relations en causalités. Elle consiste plutôt à reconnaître que la performance observable résulte toujours d’un ensemble de fonctions qui interagissent. Cela conduit à distinguer une compétence de sa disponibilité : une capacité peut être présente, tout en étant plus difficile à mobiliser à un moment donné lorsque le coût physiologique, cognitif ou émotionnel de la tâche augmente.
Ce que l’on appelle « compensation »
Au cours du développement, l’enfant apprend à contourner ses difficultés.
- Il développe des stratégies.
- Il mémorise autrement.
- Il utilise davantage sa mémoire visuelle.
- Il ralentit.
- Il répète.
- Il demande de l’aide.
- Il observe les autres.
- Il anticipe.
Ces adaptations peuvent être remarquablement efficaces, mais elles demandent parfois une mobilisation importante.
Un enfant peut réussir son exercice et avoir pourtant dépensé beaucoup plus d’énergie que ses camarades. Il peut terminer sa journée en étant épuisé. Il peut avoir besoin de bouger davantage pour rester attentif. Il peut sembler autonome alors que cette autonomie repose sur des compensations très importantes.
Le résultat final ne permet donc pas toujours de mesurer le coût du fonctionnement. Deux enfants peuvent réussir la même tâche sans avoir mobilisé les mêmes ressources, ni payé le même prix en fatigue, en contrôle ou en effort.
Cette notion de coût adaptatif devient particulièrement importante lorsqu’on cherche à comprendre les liens entre troubles du neurodéveloppement et santé mentale.
Lorsque les compensations deviennent coûteuses
À force de devoir s’adapter, l’enfant peut aussi développer un rapport particulier à l’effort.
Il sait qu’il doit travailler davantage. Il anticipe les situations difficiles. Il peut craindre de se tromper. Il peut éviter certaines tâches. Il peut se comparer aux autres.
Avec le temps, ce vécu peut influencer la confiance en soi et la relation aux apprentissages.
Ce n’est pas le trouble DYS qui doit être confondu avec un trouble de santé mentale.
La question est différente.
Quel est le retentissement, au fil des mois et des années, d’un fonctionnement qui demande quotidiennement davantage d’efforts pour parvenir au même résultat ?
Et comment ce retentissement évolue-t-il avec les expériences répétées de réussite ou d’échec, le regard de l’environnement, les ressources de l’enfant et les périodes de son développement ?
Santé mentale : élargir l’observation du fonctionnement
La santé mentale trouve ici toute sa place. Elle ne vient pas s’ajouter au trouble DYS comme une nouvelle catégorie : elle s’inscrit dans une trajectoire où interagissent caractéristiques neurodéveloppementales, contraintes physiologiques, expériences d’apprentissage, environnement relationnel et stratégies d’adaptation.
Mental health is determined by a range of socioeconomic, biological and environmental factors. Organisation mondiale de la Santé, Global Health Observatory
Un enfant qui dort mal, qui doit fournir beaucoup d’efforts pour apprendre, qui se sent régulièrement en échec et qui reçoit peu de compréhension de son environnement ne vit pas son trouble de la même manière qu’un enfant bénéficiant d’un accompagnement adapté.
Le cadre diagnostique reste inchangé ; ce sont les conditions physiologiques, relationnelles et émotionnelles dans lesquelles l’enfant mobilise ses ressources qui peuvent différer.
C’est pourquoi l’accompagnement ne peut pas se limiter à la fonction qui pose problème.
Une lecture globale du fonctionnement
À l’Institut Neurosens, cette approche conduit à considérer cinq fenêtres qui interagissent en permanence. Elles structurent également l’enseignement proposé aux apprenants : non comme une grille destinée à produire automatiquement une conclusion, mais comme cinq fenêtres d’observation à mettre en relation pour former le discernement clinique.
- le tonus et la posture ;
- le système tonico-ventilatoire et la respiration ;
- le sommeil et les rythmes de récupération ;
- les fonctions cognitives et attentionnelles ;
- la régulation émotionnelle et autonome ;
Ces éléments ne sont pas considérés comme autant de causes indépendantes. Ils sont envisagés comme les différentes expressions d’un même organisme qui cherche en permanence à maintenir son équilibre.
Une modification dans une fenêtre peut avoir des répercussions dans les autres. Et inversement. C’est cette dynamique qui nous intéresse davantage que la recherche d’un symptôme isolé.
Observer le système avant de chercher à corriger
Cette manière de penser modifie également la place des outils de mesure.
Le biofeedback, le neurofeedback et, dans un cadre précisément défini, les données issues de l’EEGq ne constituent pas le point de départ de la réflexion.
Ils viennent après l’observation du système, lorsque certaines questions ont déjà été posées. La mesure n’est alors ni un verdict ni une explication : elle devient un support pour rendre certains aspects du fonctionnement plus perceptibles et pour guider un processus d’apprentissage.
Le biofeedback peut permettre de rendre perceptibles la respiration, l’activité musculaire, la conductance cutanée, la variabilité cardiaque ou d’autres paramètres physiologiques, afin que la personne puisse progressivement apprendre à les moduler.
Dans l’enseignement de l’Institut Neurosens, les données EEG/EEGq mobilisées dans le cadre du neurofeedback sont abordées uniquement comme des supports d’entraînement et d’apprentissage. Elles ne sont pas utilisées à visée diagnostique et ne donnent lieu à aucune interprétation médicale. Lorsqu’une question relève du diagnostic, d’une pathologie ou d’une décision de soin, elle appartient au parcours médical et aux professionnels habilités.
Cette frontière fait partie de l’enseignement à l’Institut Neurosens : une donnée physiologique utilisée dans l’entraînement ne vaut ni diagnostic ni conclusion clinique à elle seule. Elle prend sens uniquement dans le cadre de l’apprentissage, en lien avec l’observation de la personne et de sa réponse à l’entraînement.
C’est le croisement des informations, leur mise en contexte et l’observation de la réponse de la personne qui deviennent intéressants. Former, dans cette perspective, consiste moins à apprendre à appliquer un protocole qu’à apprendre à formuler une hypothèse, à la confronter au réel et à savoir la réviser.
De la fonction au fonctionnement
C’est finalement un changement de regard. Au lieu de demander uniquement :
« Quelle fonction est en difficulté ? »
on peut également chercher à comprendre :
« Comment l’ensemble du système s’est-il organisé autour de cette difficulté ? »
Elle permet surtout d’inscrire les informations cliniques déjà établies dans une trajectoire développementale plus large, en observant comment la personne fonctionne aujourd’hui.
Car un enfant n’est pas un ensemble de fonctions indépendantes. Il grandit avec son corps, son système nerveux, son environnement, ses expériences et ses stratégies. Tout cela évolue ensemble !
Un même diagnostic, des fonctionnements différents
C’est probablement l’un des points les plus importants de cette approche.
Deux enfants peuvent présenter le même diagnostic et avoir pourtant des profils très différents.
- L’un dort bien, l’autre non.
- L’un est très tonique, l’autre beaucoup moins.
- L’un compense facilement, l’autre s’épuise rapidement.
- L’un rencontre principalement des difficultés dans les apprentissages, l’autre présente également une forte réactivité émotionnelle.
Le diagnostic apporte le cadre clinique ; l’observation du fonctionnement permet de mieux comprendre la singularité avec laquelle chaque enfant vit, compense et mobilise ses ressources.
C’est pourquoi une approche intégrative ne cherche pas à appliquer mécaniquement le même protocole à toutes les personnes portant un même diagnostic. Elle cherche à comprendre comment cette personne fonctionne aujourd’hui, quelles ressources elle mobilise, quelles compensations elle a construites et à quel coût.
Comprendre plutôt que compartimenter
Les troubles du neurodéveloppement sont complexes. Il serait donc illusoire de vouloir les expliquer à partir d’un seul mécanisme.
La lecture systémique proposée par l’Institut Neurosens s’inscrit aux côtés des modèles neurodéveloppementaux actuels et des prises en charge spécialisées. Elle cherche à apporter un regard complémentaire sur les conditions dans lesquelles la personne mobilise ses ressources.
Elle propose une autre focale : regarder la continuité entre les différentes fonctions, observer les adaptations, s’intéresser aux rythmes du système, prendre en compte le développement et croiser les informations disponibles pour ajuster la compréhension au plus près du fonctionnement de chaque personne.
Le Système Tonico-Ventilatoire constitue, dans cette approche, une hypothèse permettant d’interroger certaines conditions physiologiques de disponibilité autour de la respiration, du tonus, de la posture et de la régulation. Il ne constitue ni une explication générale des troubles DYS, ni un modèle causal. C’est un cadre de réflexion parmi d’autres pour observer ce qui relie certaines manifestations et continuer à confronter nos hypothèses au réel.
En conclusion : une autre manière de regarder les troubles DYS
Les troubles DYS ne disparaissent pas lorsque l’on élargit le regard.
Les difficultés d’apprentissage restent réelles. Les besoins de rééducation, d’aménagement ou d’accompagnement restent essentiels.
Au-delà des informations cliniques déjà établies, il reste tout un fonctionnement quotidien à observer : une trajectoire, des adaptations, des ressources, des compensations et parfois un coût qui reste invisible lorsque l’on ne regarde que le résultat.
- Un enfant qui apprend à lire n’utilise pas seulement ses capacités de décodage.
- Un enfant qui écrit n’utilise pas seulement sa motricité fine.
- Un enfant qui doit rester assis et attentif ne mobilise pas uniquement ses fonctions exécutives.
Chaque situation sollicite un ensemble de régulations qui travaillent ensemble.
C’est cette réalité que l’approche enseignée à l’Institut Neurosens cherche à remettre au centre. Les apprenants sont ainsi invités à ne pas devenir les opérateurs d’une méthode ou d’une machine, mais les accompagnants d’un processus d’apprentissage : observer, rendre la physiologie perceptible, accompagner l’autorégulation et réévaluer ce que la personne leur apprend en retour.
Ne pas partir du symptôme pour reconstruire artificiellement le système, mais essayer de comprendre le système dans lequel le symptôme apparaît.
Cette différence de regard peut sembler subtile. Elle repose pourtant sur une complémentarité essentielle : le diagnostic et les prises en charge spécialisées apportent le cadre clinique ; l’observation du fonctionnement aide à comprendre comment la personne mobilise ses ressources dans la vie quotidienne. C’est dans cet espace — celui de l’apprentissage, de l’autorégulation et de l’accompagnement — que s’inscrit l’approche enseignée à l’Institut Neurosens.
Références
- Haute Autorité de Santé. (2020). Troubles du neurodéveloppement – Repérage et orientation des enfants à risque.
- Haute Autorité de Santé. (2024). Trouble du neurodéveloppement/TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents.
- Haute Autorité de Santé. (2025). Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) : repérer la souffrance, accompagner l’enfant et la famille.
- Assurance Maladie. (2026). Sommeil de l’enfant : ses étapes, sa durée et ses troubles.
- Assurance Maladie. (2026). Comprendre le ronflement et ses causes.
- Inserm. (2026). TDAH : les troubles de l’attention pourraient être causés par l’intrusion d’ondes du sommeil pendant l’éveil.