22 juillet 2025 - La journée mondiale du cerveau
Le cerveau, ce grand inconnu : pourquoi lui consacrer une journée mondiale ?
Le 22 juillet marque la Journée mondiale du cerveau, un rendez-vous essentiel pour mieux comprendre cet organe fascinant, encore si mal connu. À l’Institut Neurosens, nous croyons que la santé du cerveau passe par une régulation vivante, incarnée, et intégrative. Et si prendre soin de son cerveau, c’était d’abord réapprendre à habiter son corps ?
Le cerveau, ce grand inconnu : pourquoi lui consacrer une journée mondiale ?
Pourquoi une Journée mondiale du cerveau ?
Chaque année, le 22 juillet, on célèbre la Journée mondiale du cerveau. Peut-être avez-vous aperçu un post sur un site de santé ou entendu un message rapide à la radio. Pourtant, cette journée, initiée par la Fédération mondiale de neurologie en 2014, mérite bien plus qu’un simple clin d’œil. Car derrière ce rendez-vous symbolique se cache une réalité profonde : le cerveau est l’organe le plus complexe, le plus sensible, et sans doute le plus mal compris du corps humain ! Et nous en dépendons à chaque instant : pour marcher, réfléchir, aimer, dormir… ou simplement tenir debout.
Mais alors, pourquoi une journée dédiée au cerveau ?
Parce qu’il est au cœur de notre humanité et que les troubles qui l’affectent, qu’ils soient neurologiques, psychiatriques, sensoriels ou cognitifs, sont en pleine explosion. Parce que les maladies du cerveau représentent désormais la première cause de handicap dans le monde. Et parce que, malgré les progrès fulgurants des neurosciences, nous avons encore tant à découvrir sur cet univers silencieux qu’est notre vie intérieure.
Alors, que savons-nous vraiment aujourd’hui du cerveau humain ? Que pouvons-nous faire pour en prendre soin ? Et comment relier cette connaissance scientifique à une démarche de régulation globale, incarnée, et profondément humaine ? C’est ce que nous allons explorer ensemble.
Le cerveau en chiffres
On parle souvent du cerveau comme d’un ordinateur central. Mais c’est bien plus qu’un processeur de données. Le cerveau humain est un réseau vivant, constitué d’environ 86 milliards de neurones : bien loin du chiffre longtemps répété de 100 milliards, rectifié par une étude de 2009 conduite par la neuroscientifique brésilienne Suzana Herculano-Houzel. Ces neurones sont interconnectés par des centaines de milliers de kilomètres de fibres nerveuses, appelées axones, et communiquent grâce à plus de 100 000 milliards de synapses.
Pour vous donner une idée : si l’on comparait le nombre de connexions synaptiques dans un seul cerveau humain à celui des étoiles dans notre galaxie, le cerveau l’emporterait, haut la main.
Mais ce n’est pas tout. Ce cerveau, qui pèse environ 1,3 à 1,4 kg, consomme à lui seul 20 à 25 % de l’énergie totale du corps, alors qu’il ne représente que 2 % du poids corporel. Il fonctionne en permanence, même pendant le sommeil, et n’a besoin que de quelques minutes sans oxygène pour subir des lésions irréversibles. Il est donc à la fois fragile et extraordinairement adaptable, capable de se réorganiser, de se réparer, de créer de nouvelles connexions. C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité.
Une planète en déséquilibre neurologique
Aujourd’hui, les troubles liés au cerveau représentent un défi sanitaire planétaire. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près d’un milliard de personnes vivent avec un trouble neurologique : AVC, épilepsie, migraine chronique, sclérose en plaques, Parkinson, démences, paralysies, etc.
Mais il faut ajouter à cela les troubles psychiatriques, les troubles de l’attention, du spectre autistique, les troubles dépressifs, anxieux, les insomnies, les troubles du développement ou de la régulation émotionnelle. Si l’on prend en compte cette dimension plus large, le cerveau est concerné dans plus de 40 % des motifs de consultation en médecine générale, selon la revue The Lancet Neurology (2020).
En France, cela se traduit par :
- 150 000 AVC chaque année (1 toutes les 4 minutes),
- Plus de 900 000 personnes vivant avec une démence, dont 75 % avec Alzheimer,
- 11 millions de personnes souffrant de douleurs chroniques, souvent avec une composante neurologique,
- Et près de 30 % des Français déclarant avoir déjà souffert de troubles psychiatriques (anxiété, dépression, troubles obsessionnels, etc.)
Ajoutez à cela les troubles du sommeil (touchant 1 adulte sur 3), les troubles attentionnels chez les enfants (jusqu’à 8 % de la population scolaire), et les effets à long terme du stress chronique, et l’on comprend à quel point le cerveau moderne est en surchauffe.

Ce que les neurosciences nous apprennent : plasticité, stress et autorégulation
On pourrait croire que ce tableau est sombre. Mais les dernières décennies ont vu émerger une véritable révolution dans la compréhension du cerveau humain.
D’abord, la plasticité cérébrale n’est plus un mythe. Il est désormais établi que le cerveau reste plastique tout au long de la vie, capable de créer de nouveaux circuits, même chez des personnes âgées ou après un traumatisme. Cela ouvre des perspectives immenses : en rééducation, en apprentissage, et dans la gestion des troubles chroniques.
Des études comme celle de Lazar et al. (2005, Harvard) ont montré que la méditation régulière pouvait modifier la densité de matière grise dans certaines zones du cortex, notamment liées à l’attention et à la régulation émotionnelle. Plus récemment, l’imagerie cérébrale a révélé les effets positifs de l’exercice physique sur l’hippocampe, impliqué dans la mémoire.
Mais on a aussi découvert à quel point le cerveau est sensible au stress, à la déprivation sensorielle, à l’isolement social ou à la charge cognitive chronique. Le cortex préfrontal, qui pilote nos décisions, s’éteint littéralement sous l’effet d’un stress prolongé, laissant place à des réponses plus archaïques, réflexes, émotionnelles – souvent inadéquates.
Et surtout, nous comprenons désormais que le cerveau n’est jamais seul : il agit en lien constant avec le corps. Il est traversé en permanence par des signaux venus du corps : de la posture, du système vestibulaire, de la respiration, du cœur, des viscères. Ces signaux sont appelés informations afférentes. À leur tour, les signaux issus du cerveau – informations efférentes – modulent notre activité motrice, émotionnelle, physiologique.
Et si la clé de la santé cérébrale se trouvait dans le corps ?
Cela peut sembler paradoxal. On parle d’un organe situé dans la boîte crânienne, protégé par la barrière hématoencéphalique, inaccessible à l’œil nu. Et pourtant, les recherches les plus récentes nous montrent qu’il est intimement lié au reste du corps. Que ce que nous vivons corporellement a un impact direct, mesurable, sur notre activité cérébrale.
Vous est-il déjà arrivé d’avoir une sensation de malaise en descendant d’un manège ? D’avoir l’impression que vos idées se brouillent après une nuit sans sommeil ? De ne plus parvenir à vous concentrer lorsque vous êtes physiquement tendu ou que votre respiration est bloquée ?
Ces ressentis ne sont pas « dans la tête ». Ils sont neurophysiologiques. Et mesurables.
Le système vestibulaire, par exemple – responsable de notre équilibre et de notre perception du mouvement – envoie des signaux constants vers le tronc cérébral et le cervelet. Un déséquilibre vestibulaire, même léger, peut entraîner une instabilité posturale, des troubles attentionnels, de la fatigue cognitive, des sensations de dissociation ou d’anxiété.
De même, une respiration thoracique haute et rapide, souvent présente chez les personnes anxieuses ou stressées, envoie un message d’alerte constant au cerveau, activant le système sympathique, inhibant le sommeil, et augmentant l’activité des réseaux par défaut (impliqués dans les ruminations et l’auto-analyse négative).
Autrement dit, le cerveau est traversé par le corps, et inversement. Et c’est précisément dans cette interrelation que la neurothérapie intégrative trouve sa place.
La neurothérapie intégrative : restaurer un équilibre global
La neurothérapie intégrative, telle qu’elle est enseignée à l’Institut Neurosens, repose sur une conviction forte : le cerveau ne peut pas être considéré isolément du corps. C’est un organe d’équilibre, d’interconnexion, de traitement de l’information multisensorielle. Pour restaurer son fonctionnement optimal, il faut agir à plusieurs niveaux simultanément.
C’est là qu’interviennent des outils comme le neurofeedback EEGq, le biofeedback EDA/BVP, l’analyse posturale, la lecture du système ventilatoire, ou encore la cartographie cognitive et émotionnelle.
Mais qu’est-ce que le neurofeedback EEGq ?
Il s’agit d’un entraînement cérébral, fondé sur l’analyse en temps réel de l’activité électrique du cerveau, via des électrodes posées sur le cuir chevelu. L’objectif est de révéler au client les déséquilibres ou excès d’activité (par exemple dans les ondes lentes, rapides, alpha ou beta), et de l’aider, par renforcement visuel ou sonore, à retrouver une autorégulation.
Cette technique est non invasive, douce, progressive, et soutient la plasticité naturelle du cerveau. Mais pratiquée seule, elle reste partielle. C’est pourquoi elle est combinée à une lecture du tonus postural, de la respiration, du niveau de stress physiologique (via la conductance de la peau – EDA – et la variabilité du rythme cardiaque – BVP), ainsi qu’à une évaluation fine du sommeil, de la fatigue cognitive, et de l’état émotionnel.
C’est une approche systémique à 360°, qui vise non seulement à soulager les symptômes, mais surtout de restaurer un équilibre harmonieux entre le cerveau et le reste du corps.
Comment ça fonctionne concrètement ?
Imaginez une personne souffrant d’anxiété chronique, avec des troubles du sommeil, une respiration saccadée, des douleurs cervicales, une hypersensibilité au bruit, et des difficultés à se concentrer.
Dans une approche classique, elle serait orientée vers un traitement médicamenteux ou une thérapie cognitivo-comportementale. Parfois utile, mais souvent insuffisante.
En neurothérapie intégrative, on commencerait par évaluer la posture, l’équilibre vestibulaire, la respiration, la cohérence cardiaque, l’activité EEG, ainsi que les habitudes de sommeil, le vécu émotionnel, et l’environnement de vie.
Ensuite, un protocole personnalisé serait mis en place, avec des séances de neurofeedback EEGq, des entraînements à la respiration, un accompagnement émotionnel et familial, et un suivi physiologique précis via biofeedback.
Résultat : une amélioration progressive et stable du sommeil, de la concentration, du sentiment de sécurité intérieure et de la clarté mentale. Surtout, un renforcement de l’autonomie, la personne devenant plus apte à percevoir ses propres signaux corporels et à y répondre de manière adaptée.
Vers une écologie du cerveau incarnée
Prendre soin de son cerveau ne se résume pas à faire des mots croisés ou à adopter une alimentation équilibrée, même si ces pratiques ont leur importance. Il s’agit surtout d’entretenir une relation vivante et respectueuse avec son corps, en accord avec son propre rythme, tout en restant attentif à ses sensations et à son environnement sensoriel.
Cela passe par des gestes simples du quotidien : marcher, respirer en pleine conscience, s’exposer à la lumière naturelle, privilégier un sommeil réparateur, bouger, exprimer sa créativité, ou encore nourrir ses liens sociaux. Parfois, selon les moments que l’on traverse, il peut également être précieux de bénéficier d’un accompagnement professionnel, reposant sur des données objectives, des mesures précises et la qualité d’une présence humaine engagée.
En neurothérapie intégrative, l’objectif n’est pas de « réparer » un cerveau défaillant, mais de soutenir l’éveil d’un système vivant. Il s’agit de favoriser l’harmonie entre les voies afférentes (les informations qui montent vers le cerveau) et les voies efférentes (celles qui redescendent vers le corps). Chaque respiration, chaque prise de conscience corporelle, chaque émotion accueillie devient alors une porte d’accès vers une meilleure autorégulation.
Conclusion : un cerveau en bonne santé, c’est un corps habité
Alors, que retenir en ce 22 juillet ?
Que notre cerveau mérite plus qu’un jour d’attention par an. Qu’il est notre centre de traitement, mais aussi de perception, d’équilibre, de relation, d’adaptation. Qu’il est sensible aux signaux internes autant qu’aux pressions externes. Et que prendre soin de lui, c’est aussi – et peut-être surtout – prendre soin de notre corps, de notre respiration, de notre posture, de notre sommeil, de notre environnement émotionnel.
Car le cerveau n’est jamais seul. Il écoute, il ressent, il réagit. Et avec les bons outils, il peut retrouver son intelligence naturelle d’autorégulation… à condition d’être réintégré dans toute les dimensions de l’être.
Voici une citation à l’occasion de cette Journée mondiale du cerveau :
« Prendre soin de notre cerveau, c’est honorer la richesse de notre être tout entier, car chaque pensée, chaque émotion et chaque sensation tissent ensemble le fil de notre équilibre. » - Auteur anonyme
Bibliographie – Format APA (7e édition)
- Berthoz, A. (2009). Le sens du mouvement. Paris : Odile Jacob.
- Collura, T. (2014). Technical Foundations of Neurofeedback. New York : Routledge.
- Critchley, H. D., & Harrison, N. A. (2013). Visceral influences on brain and behavior. Neuron, 77(4), 624–638. https://doi.org/10.1016/j.neuron.2013.02.008
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- INSERM. (2022). Troubles psychiatriques et neurologiques : état des lieux épidémiologique. Paris : Institut national de la santé et de la recherche médicale. https://www.inserm.fr
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