12 juin 2025 - Journée nationale de sensibilisation au TDAH : changer de regard
La Journée nationale de sensibilisation au TDAH se tient enfin en lumière, même si en France, elle reste encore trop discrète. Ce jour-là, il s’agit de se souvenir que le TDAH ne se résume pas à un acronyme. Derrière, il y a des vies entières, des enfants, des adultes, des familles souvent prises dans un tourbillon d’incompréhensions, de doutes et de combats silencieux.
Le TDAH, un compagnon invisible mais bien réel
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité concerne environ 5 % des enfants dans le monde, et près de 2,5 % des adultes. Ce n’est ni une mode, ni une excuse, ni un simple défaut de caractère. C’est une réalité neurodéveloppementale qui bouscule les parcours, modifie la manière de penser, de ressentir, de vivre.
Pourtant, dans notre pays, le TDAH reste un sujet mal appréhendé, laissé dans l’ombre. Le diagnostic se fait tardivement, parfois après des années d’errance.
Ce retard coûte cher, en souffrance, en occasions manquées, en épuisement.
Les premiers signes, les premiers doutes
Avant même qu’un mot ne soit posé, il y a ce flou, ces petits indices que personne ne comprend bien.
Un enfant qui :
- Ne tient pas en place,
- Oublie tout,
- Semble ailleurs.
Les enseignants s’inquiètent, les parents observent, cherchent des explications. Mais souvent, ils n’ont pour seule réponse que le reproche :
- « Il ne fait pas assez d’efforts »,
- « Elle est dans la lune »,
- « Il ne peut pas se contrôler ».
Ce sont des années à douter, à culpabiliser, à se sentir isolé.
Le diagnostic : un mot qui change tout, et pourtant rien
Quand le diagnostic tombe, il fait basculer une histoire. C’est souvent un soulagement d’enfin pouvoir mettre un nom sur ce qui dérange, mais aussi un choc, un tremblement. Parce que cela veut dire accepter une différence, une nouvelle réalité. En France, ce diagnostic arrive souvent vers 9 ou 10 ans, bien après que les premiers signes soient apparus. Pendant ce temps, l’enfant grandit, s’épuise, s’adapte comme il peut.
Culpabilité et deuil : les blessures invisibles des parents
Le diagnostic pose une vérité, mais il bouscule aussi les familles. Il fait surgir des questions :
- « Ai-je mal fait ? »
- « Est-ce ma faute ? »
Ces émotions sont naturelles, humaines. Elles sont aussi lourdes. Le deuil de l’enfant que l’on avait imaginé doit se faire. Ce processus demande du temps, de la patience, de la bienveillance envers l’enfant, mais aussi envers soi-même.
Reconstruire un chemin, ensemble
Avec le temps, les familles cherchent, découvrent, apprennent. Elles s’entourent de professionnels : neuropsychologues, orthophonistes, psychomotriciens, pédopsychiatres. Elles font les bilans, ajustent leurs attentes, testent des solutions.
Certains choisissent un traitement médicamenteux, d’autres privilégient des approches alternatives. Il n’y a pas de recette unique. Ce qui compte, c’est ce qui fonctionne, ce qui soutient.
Le TDAH à l’âge adulte : une autre histoire
Le trouble ne disparaît pas à l’adolescence. Il change de visage. L’hyperactivité physique diminue, mais l’agitation intérieure persiste. L’inattention peut mener à des décrochages, des ruptures, des fragilités.
Chez l’adulte, le TDAH est souvent masqué, sous-diagnostiqué. Beaucoup découvrent leur propre diagnostic en accompagnant leur enfant. C’est un moment vertigineux, mais qui peut aussi nous donner une meilleure compréhension de soi, une nouvelle cohérence.
Ce qui se fait ailleurs : un regard mondial
Dans des pays comme le Canada, les États-Unis ou la Suède, la prise en charge du TDAH est une priorité de santé publique. La sensibilisation, la formation des enseignants, l’accès aux bilans et aux soins semblent mieux organisés.
En France, le chemin est encore long. Trop de familles sont seules, trop d’enseignants mal formés, trop peu de moyens. Pourtant, le besoin est là, immense.
L’approche intégrative de l’Institut Neurosens
À l’Institut Neurosens, on voit le TDAH autrement. Ce n’est pas qu’un problème cérébral. C’est un déséquilibre global, qui touche le corps tout entier : le tonus musculaire, la posture, la respiration, la qualité du sommeil, les émotions, la cognition. Derrière les symptômes, il y a un organisme qui cherche à s’équilibrer.
Le Neurothérapeute porte une attention particulière à l’ensemble du corps : il observe la respiration, le système tonique ventilatoire et les différents rythmes biologiques. Plutôt que de se concentrer uniquement sur le cerveau, il considère l’individu dans sa globalité et prend en compte aussi bien le corps que l’expérience de vie de la personne. Le neurofeedback EEGq et le biofeedback : reconnecter le corps et le mental
Avec des outils comme le neurofeedback EEGq ou le biofeedback, la personne apprend à écouter ses signaux internes, à reconnaître ses tensions, son stress, à retrouver un calme naturel. Ce n’est pas un médicament, ni une correction imposée. C’est un apprentissage, une pédagogie du corps et de l’esprit.
Le Neurothérapeute accompagne chacun selon son rythme, avec douceur et respect. Il travaille en lien avec d’autres professionnels quand c’est nécessaire, pour une prise en charge globale et humaine.
Le neurofeedback et le biofeedback ne sont pas de simples outils parmi d’autres. Ce sont des approches appuyées par des preuves scientifiques solides, qui accompagnent la personne à renouer avec ses propres fonctions physiologiques, à mieux réguler son attention et à apaiser son stress intérieur.
Par exemple, une méta-analyse parue dans le Journal of Attention Disorders en 2020 a montré que le neurofeedback réduit nettement les symptômes d’inattention et d’hyperactivité chez les enfants avec TDAH, et que ces bénéfices se maintiennent dans le temps.
De même, des études publiées dans Applied Psychophysiology and Biofeedback en 2019 ont démontré l’impact positif du biofeedback sur la régulation émotionnelle et la diminution de l’impulsivité.
Les recherches récentes en neurosciences renforcent cette approche intégrative. Une étude de 2022 publiée dans Frontiers in Human Neuroscience montre que le neurofeedback favorise la plasticité cérébrale en modulant les réseaux impliqués dans l’attention, le contrôle exécutif, ainsi que la gestion des émotions. Cette modulation permet au cerveau d’adapter plus facilement ses réponses et ses fonctionnements selon les besoins de la personne.
Le lien entre le corps, les émotions et le cerveau est toujours au cœur des découvertes actuelles. Une publication en 2023 dans Psychophysiology souligne que le biofeedback améliore la régulation émotionnelle en aidant à moduler la réponse du système nerveux autonome, notamment la variabilité de la fréquence cardiaque, un marqueur important du stress et de l’adaptation émotionnelle.
Par ailleurs, le rôle central de la ventilation et du sommeil dans la régulation cognitive et émotionnelle est de plus en plus reconnu. Une revue de 2021 dans Sleep Medicine Reviews montre que même des troubles respiratoires légers altèrent la qualité du sommeil et exacerbent les symptômes du TDAH, notamment l’inattention et l’irritabilité. Le biofeedback respiratoire, en stabilisant le rythme respiratoire, agit directement sur la qualité du sommeil, un pilier dans la gestion du trouble.
Enfin, une recherche publiée en 2023 dans Neuroscience & Biobehavioral Reviews établit un lien étroit entre posture, tonus musculaire et régulation émotionnelle chez les personnes avec TDAH. Maintenir un tonus adapté favorise un meilleur alignement corporel, facilite la respiration et réduit les tensions nerveuses, ce qui contribue à un fonctionnement cognitif et émotionnel plus harmonieux au quotidien.
Ces résultats montrent que le corps et le cerveau peuvent renouer un dialogue plus harmonieux. Le neurofeedback et le biofeedback accompagnent cette démarche en aidant la personne à :
- Percevoir ses sensations internes,
- Calmer sa respiration,
- Réguler son sommeil
- Stabiliser sa posture.
C’est dans cette cohérence retrouvée que se construit un mieux-être profond, bien au-delà de la simple réduction des symptômes.
Pour conclure : changer de regard
Le TDAH n’est ni un frein, ni une fatalité. C’est une différence à comprendre, à accompagner avec bienveillance.
Cette journée nationale de sensibilisation au TDAH est une chance : celle d’éclairer, de relier savoirs scientifiques et humanisme, de tendre la main à ceux qui se sentent parfois seuls.
Les enfants et les adultes TDAH ne sont pas « en trop ». Ils nous aident à repenser nos rythmes, nos attentes, notre rapport au temps et au monde. Ils sont un miroir. Une boussole. Et peut-être une force.
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Bibliographie
- Haute Autorité de Santé (HAS). (2020). Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité : repérage et prise en charge.
- Organisation Mondiale de la Santé (OMS). (2016). Classification internationale des troubles mentaux et du comportement.
- INSERM. (2019). Le TDAH chez l’enfant et l’adulte : état des connaissances scientifiques.
- Ministère de la Santé et de la Prévention, France. (2022). Les troubles du neurodéveloppement : stratégie nationale.
- Société Française de Pédiatrie. (2021). Troubles du comportement de l’enfant : recommandations pour la pratique clinique.
- Observatoire français du TDAH. (2023). Rapport annuel.
- American Psychiatric Association. (2013). DSM-5 : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fifth Edition.